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Syndrome du nid vide : quand son enfant quitte la maison

Photo du rédacteur: Aude Darmon
Aude Darmon
14 sept.
6 min de lecture

« Être mère, c’est apprendre à tes enfants à vivre sans toi, alors que tu ne peux pas vivre sans eux. »


famille sereine qui pique nique dans l'herbe

Cette phrase me touche particulièrement en ce moment.

Mon fils vient d’avoir 18 ans.

Et il vient de quitter la maison pour partir faire ses études en STAPS.

Voilà. C’est fait. On en parle pendant des années. On sait que ce jour arrivera. On prépare son enfant à devenir autonome, à prendre son indépendance, à faire ses propres choix. Et puis un jour, il part vraiment. Et là, bizarrement, ce n’est plus tout à fait la même chose.






Quand la joie et le pincement au cœur se mélangent

Je suis évidemment heureuse pour lui. et tellement fière. Il est bien dans baskets, il est heureux, il a choisi ses études, il va découvrir une nouvelle vie, rencontrer de nouvelles personnes, vivre de nouvelles expériences. C’est exactement ce que nous avons essayé de lui transmettre depuis qu’il est petit : devenir autonome et capable de vivre sa propre vie.

Et pourtant…

Il y a un petit quelque chose qui fait mal.

Sa chambre est toujours là. Ses affaires aussi. Mais il n'est plus là au quotidien.

Plus besoin de lui demander s'il rentre manger.

Plus de « tu viens manger ? ».

Plus de porte qui claque.

Plus de bruit dans l'escalier.

Plus de « maman, tu sais où est… ? » (enfin ça si, par message 🫣).

Et finalement, ce sont toutes ces petites choses qui nous manquent.

Pas forcément les grandes conversations ou les grands événements.

Mais le quotidien.

Cette présence que l'on ne remarquait même plus parce qu'elle faisait simplement partie de notre vie.

C'est aussi cela, le syndrome du nid vide.

Le départ d'un enfant peut provoquer de la tristesse, un sentiment de vide, de solitude ou une perte de repères. Et même lorsqu'on sait que c'est une étape normale de la vie, cela peut être émotionnellement difficile.

Je crois que ce qui me fait le plus bizarre finalement c'est quand je me lève la nuit et que je vois la porte de sa chambre ouverte, mais sa chambre vide.


Et pourtant, je n'ai pas encore le « nid vide »

C'est un peu particulier dans mon cas puisque j'ai encore ma fille à la maison. Elle a 16 ans.

Je ne me retrouve donc pas seule avec mon mari dans une maison vide.

Mais je sais déjà que le départ de mon fils est une première étape.

Et lorsque l'on vit à la campagne, on sait aussi que les enfants sont souvent amenés à partir pour leurs études ou leur travail.

Il y a moins de possibilités à proximité, moins de transports, moins d'établissements.

Alors les enfants partent.

Et quelque part, nous les avons préparés à cela, à devenir autonomes.

On passe près de 18 ans à apprendre à nos enfants à ne plus avoir besoin de nous…

et quand ils n'ont effectivement plus besoin de nous comme avant, on se demande un peu quoi faire de nous-mêmes. Et finalement c'est peut-être ça le plus dur pour moi, me dire qu'il n'a plus (ou presque) besoin de moi, de ne plus faire partie de son quotidien.


« Et maintenant, je fais quoi ? »

C'est peut-être finalement la question la plus importante.

Pendant des années, notre vie est rythmée par les enfants.

Les horaires.

Les devoirs.

Les activités.

Les rendez-vous.

Les repas.

Les vacances.

Les conduites.

Les problèmes de collège ou de lycée.

Les examens.

Les copains.

Les « maman, j'ai besoin de toi ».

Et même lorsqu'ils deviennent autonomes, ils occupent encore énormément de place dans notre tête.

Alors quand ils partent, il peut y avoir un vrai changement de rythme.

On peut se sentir triste.

Avoir envie de pleurer pour un rien.

Regarder son téléphone en attendant un message.

Se demander s'il va bien.

S'inquiéter.

Avoir l'impression que la maison est beaucoup trop calme.

Ou simplement ressentir un drôle de vide.

Et parfois, une question peut apparaître :

« Maintenant qu'il grandit, quelle place est-ce que je prends, moi ? »

Parce que devenir maman a pris une place énorme dans notre vie.

Et maintenant, il faut peut-être apprendre à redevenir aussi… une femme.

Pas seulement la maman de.


Revenir aux choses simples

Quand l'anxiété s'invite pendant les vacances, on cherche souvent une solution compliquée.

Alors qu'elle est parfois juste devant nous.

Prendre une vraie respiration.

Marcher quelques minutes.

Regarder un coucher de soleil sans sortir son téléphone.

Écouter les vagues ou le chant des oiseaux.

Lire quelques pages d'un livre.

Savourer une glace sans penser à ce que l'on fera après.

Toutes ces petites choses ont un point commun : elles nous ramènent dans le moment présent.

Et c'est souvent là que le mental commence doucement à se calmer

.

Réapprendre à vivre pour soi

C'est probablement la partie la plus difficile. Mais aussi celle qui peut devenir la plus intéressante.

Le départ d'un enfant, ce n'est pas seulement une perte. C'est aussi une nouvelle étape de notre propre vie.

Pendant des années, nous avons beaucoup donné. Il est peut-être temps de se demander :

Qu'est-ce que j'ai envie de faire, moi ?

Pas ce qu'il faut faire. Pas ce que les enfants veulent. Pas ce que la famille attend.

Mais ce qui me fait envie.

Une activité que j'ai abandonnée ? Une formation ? Un voyage ?

Du sport ? Des sorties avec des amies ? Un projet professionnel ?

Prendre davantage soin de moi ? Passer plus de temps avec mon conjoint ? Lire davantage ?

Faire enfin quelque chose que je repousse depuis des années ?

Il n'est pas nécessaire de révolutionner sa vie.

Cela peut commencer très simplement.

Prendre un café tranquillement. Se remettre à marcher.

Prévoir une sortie. S'inscrire à une activité. Téléphoner à une amie.

Prendre du temps pour soi sans avoir cette impression de « perdre du temps ».

Parce que finalement, prendre soin de soi n'est pas abandonner ses enfants.

C'est continuer à vivre.



Et la relation avec son enfant change

Le plus difficile est peut-être aussi d'accepter que notre enfant n'a plus besoin de nous de la même manière.

Mais cela ne signifie pas qu'il n'a plus besoin de nous du tout.

La relation évolue.

Avant, nous étions là pour organiser, protéger, décider, accompagner.

Maintenant, nous allons progressivement devenir davantage une personne ressource.

Quelqu'un à qui il peut demander conseil.

Quelqu'un avec qui il peut partager une bonne nouvelle.

Quelqu'un qu'il appelle parce qu'il en a envie.

Et finalement, c'est peut-être encore plus beau.

Parce que lorsqu'un enfant revient vers nous alors qu'il pourrait parfaitement se débrouiller seul, ce n'est plus parce qu'il est dépendant.

C'est parce qu'il en a envie.


Alors, comment vivre le départ de son enfant ?

Je crois qu'il faut surtout accepter de ressentir ce que l'on ressent.

Vous pouvez être fière et triste en même temps.

Heureuse pour lui et avoir envie de pleurer.

Avoir envie qu'il parte vivre sa vie et, en même temps, avoir envie de le garder encore un peu près de vous.

Ces émotions ne sont pas contradictoires.

Elles peuvent parfaitement coexister.

Et surtout, ne vous reprochez pas d'avoir du mal à vivre cette étape.

Le départ d'un enfant représente un changement important dans la vie familiale et dans notre rôle de parent. Pour certains, la transition se fait assez facilement. Pour d'autres, elle demande davantage de temps et peut faire émerger anxiété, tristesse ou perte de repères.

Si le mal-être devient important ou s'installe durablement, il ne faut pas hésiter à en parler et à se faire accompagner.

Mais parfois, il faut simplement accepter que c'est une période de transition. Une page qui se tourne. Et une autre qui commence.



Et si cette nouvelle étape était aussi la vôtre ?

Nos enfants grandissent.

C'est parfois difficile à accepter.

Mais après tout, n'est-ce pas ce que nous avons toujours souhaité ?

Qu'ils deviennent autonomes.

Qu'ils trouvent leur voie.

Qu'ils soient capables de partir.

Qu'ils construisent leur propre vie.

Alors peut-être qu'il est temps, nous aussi, de nous autoriser à construire ou reconstruire la nôtre.

Pas à la place de celle de nos enfants.

À côté de la leur.

Mon fils vient de partir.

Je sais que je vais devoir m'habituer à son absence, à une nouvelle façon de communiquer avec lui, à une maison un peu différente.

Je sais aussi que j'ai encore beaucoup de choses à vivre.

Et peut-être que ce départ va finalement être l'occasion de me demander, moi aussi :

« Maintenant, qu'est-ce que j'ai envie de faire de cette nouvelle étape de ma vie ? »

Parce qu'être maman ne s'arrête pas lorsque son enfant quitte la maison.

Mais peut-être qu'à ce moment-là, on peut enfin réapprendre à être un peu plus soi-même.


famille heureuse qui se promène dans la forêt et fait un selfie




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