"La sophrologie c'est du charlatanisme"...Vraiment?
- Aude Darmon
- il y a 6 jours
- 5 min de lecture
Ce que j’entends souvent… et pourquoi cette idée reçue mérite d’être déconstruite

Il m’arrive parfois d’entendre, ou de lire, que les sophrologues seraient des charlatans. Que la sophrologie serait une pratique un peu floue, perchée, idéologique, voire proche de quelque chose de sectaire. Parfois, c’est formulé clairement. D’autres fois, c’est plus subtil : « Ce n’est pas pour moi », « Je ne suis pas réceptif(ve) », « J’ai peur que ce soit trop perché ».
Ces phrases reviennent souvent. Alors j’ai eu envie de prendre le temps de remettre de l’ordre, calmement, sans chercher à convaincre, mais simplement à expliquer ce qu’est, et surtout ce que n’est pas, la sophrologie.
La sophrologie n’est ni une idéologie, ni une croyance
La première chose importante à dire c'est que la sophrologie ne demande pas d’adhérer à une philosophie de vie, ni de croire en quoi que ce soit. Il n’y a pas de pensée à adopter, pas de vision du monde à suivre, pas de dogme.
C’est souvent là que le malentendu commence. Parce que la sophrologie travaille avec le corps, la respiration, les sensations, elle est parfois assimilée à quelque chose de spirituel ou d’ésotérique. En réalité, elle repose sur une méthode structurée, avec un cadre précis.
La sophrologie ne dit pas comment penser, ni comment vivre. Elle propose des outils. Et chacun reste libre de s’en emparer… ou non.
Une méthode créée par un médecin
La sophrologie n’est pas née ’un courant alternatif. Elle a été créée dans les années 1960 par Alfonso Caycedo, médecin neuropsychiatre. Son objectif était d’accompagner ses patients autrement, notamment dans la gestion de la douleur, de l’anxiété et des troubles psychosomatiques, en complément des traitements médicaux.
Il s’est appuyé sur ses connaissances en neurologie et en psychiatrie, et s’est inspiré de techniques déjà utilisées dans le champ médical : la respiration contrôlée, le mouvement doux, l’observation des états de conscience. On est donc très loin d’une pratique improvisée ou mystique.
La sophrologie ne soigne pas et ne remplace jamais la médecine
C’est un point essentiel, et je préfère être très claire. La sophrologie ne guérit pas. Elle ne soigne pas. Elle ne se substitue jamais à un suivi médical, psychologique ou psychiatrique.
Un sophrologue ne pose pas de diagnostic et ne promet pas de résultat miracle. La sophrologie est un accompagnement, une aide pour mieux vivre avec ce qui est là, pour retrouver de la régulation, de l’apaisement et une forme de stabilité intérieure.
Respirer, oui… mais pas “juste respirer”
Souvent on me dit "La sophrologie c'est apprendre à respirer".
Alors oui, en sophrologie, on travaille beaucoup avec la respiration, et cela peut sembler simpliste vu de l’extérieur. Pourtant, la respiration est loin d’être anodine.
Une respiration lente et consciente agit directement sur le système nerveux. Elle permet notamment de stimuler le nerf vague, impliqué dans la régulation du stress, des émotions et de l’état d’alerte du corps. Quand ce système s’apaise, les tensions diminuent, le rythme cardiaque ralentit, le mental se calme.
Ce n’est pas de la suggestion. C’est de la physiologie.
Des mouvements doux, simples et concrets
La sophrologie s’appuie aussi sur des mouvements doux et accessibles à tous. Il ne s’agit ni de sport, ni de performance, ni de souplesse à atteindre. Ces mouvements permettent surtout de relâcher les tensions accumulées, de revenir dans le corps et de sortir du mental.
Beaucoup de personnes arrivent en séance très “dans la tête”. Le corps, lui, est souvent oublié. Ces mouvements servent justement à recréer ce lien.
Et la visualisation positive, est-ce que ce n’est pas ésotérique ?
Le 3e pilier de la sophrologie c'est la visualisation. Celle-ci est souvent ce qui fait le plus peur. C’est souvent là que surgit l’idée de quelque chose de “perché”.
En réalité, la visualisation positive consiste simplement à mobiliser l’imaginaire pour activer des ressources internes. Le cerveau ne fait pas toujours la différence entre une situation vécue et une situation imaginée de manière précise et consciente. C’est d’ailleurs un mécanisme bien connu et utilisé dans de nombreux domaines, comme le sport de haut niveau ou la préparation mentale.
En sophrologie, la visualisation n’est jamais imposée. Elle est guidée, adaptée, et toujours reliée à un objectif concret : apaiser, renforcer, sécuriser, redonner confiance. Il ne s’agit pas de “se raconter une histoire” ou d'imposer des idées, mais d’entraîner le cerveau à emprunter d’autres chemins que ceux du stress, de l’anticipation négative ou de la peur.
La relaxation : non pas fuir, mais avancer
Quand je parle de sophrologie avec des personnes qui ne connaissent pas trop, on me dit souvent que c'est juste de la relaxation. Alors oui, en sophrologie on utilise la relaxation mais c'est pour pouvoir avancer, pour prendre conscience. Quand le corps se détend, le mental devient plus clair. Quand l’agitation baisse, il devient possible de prendre du recul et de mieux se comprendre.
C’est ce que j’observe très fréquemment chez les personnes anxieuses. L’objectif n’est pas de supprimer toute anxiété, mais d’apprendre à la reconnaître, à la réguler et à ne plus la subir. Petit à petit, la personne retrouve du contrôle, de la confiance, et surtout, elle cesse de se sentir démunie face à ce qu’elle vit.
“Ce n’est pas pour moi, je ne suis pas réceptif(ve)”
C’est une phrase que j’entends très souvent. Et pourtant, la sophrologie ne demande pas d’être “réceptif(ve)”, ni sensible, ni à l’aise avec l’introspection. Elle ne repose pas sur un don ou une capacité particulière.
Elle fonctionne parce qu’elle s’adresse au corps, au système nerveux, à des mécanismes universels. On n’a pas besoin d’y croire pour que cela agisse. Il suffit d’expérimenter, à son rythme.
La sophrologie n’est pas quelque chose que l’on réussit ou que l’on rate. C’est un processus d’apprentissage, progressif, adaptable, respectueux de chacun.
La sophrologie : une aide, pas une idéologie
La sophrologie ne dit pas ce que l’on devrait être, penser ou ressentir. Elle propose un cadre, des outils et un accompagnement.
C’est une méthode concrète, complémentaire, profondément humaine, qui aide à mieux vivre avec ce que l’on traverse et à redevenir acteur de son équilibre.
Un espace pour déposer
Enfin, la sophrologie, c’est aussi un espace d’écoute. Un lieu pour déposer ce qui pèse, sans jugement, sans pression. Parce que parfois, avant même les exercices, le simple fait d’être entendu et reconnu dans ce que l’on vit est déjà un premier pas.
En conclusion
Non, la sophrologie n’est pas du charlatanisme. C’est une méthode d’accompagnement sérieuse, structurée et respectueuse de ses limites, qui ne promet pas de miracles mais propose des outils concrets pour avancer.
Sans idéologie. Sans croyance. Simplement avec du bon sens… et de l’humain.

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